Accueil

Accueil

 

Une nouvelle année…

Bonjour  à tous et toutes

« Le beau est ce qu’on ne peut pas vouloir changer » La Pesanteur et la Grâce, Simone Weil (1909-1944).

En ces temps de certitude forcée que veut nous imposer la raison calculante* nous sommes bien obligés de reconnaître notre réelle incertitude. Que croire, qui croire?

Le risque est de retourner cette question vis à vis de notre propre existence intérieure, ouvrant parfois la porte à quelques esprits empreints de leur propre certitudes, les sachants, croyant apaiser nos doutes.

Le médecin  se trouve  à la frontière de la technicité, les briques de l’édifice, et de ce qui fait la vie, l’humanité, la globalité, le renouvellement, l’aspiration, la plasticité. La tentation est parfois grande de sombrer dans ces fameuses certitudes, cherchant  à combler ce qui parait être  le vide laissé par nos « je ne sais pas ». 

Ce qui nous rend justement humain et vivant est  ce quelque chose d’intérieur qui se situe entre la certitude et l’inconnaissable. Comment savons nous qu’un triangle isocèle a deux angles égaux? Avons nous systématiquement besoin d’une  formule mathématique?

Bien sûr l’équilibre est instable, d’ailleurs comme tout équilibre. Parfois nous aurons besoin de la formule et parfois notre propre sagesse intérieure s’imposera. Le  problème, puisqu’il y a problème, c’est que cette voix intérieure est aujourd’hui considérée comme dangereuse car non contrôlable, non mesurable et nous avons laissé la formule mathématique  s’interposer entre nous et le monde, comme un sésame pour comprendre le monde. 

Encore et encore ne nous laissons pas enfermer dans cette vision calculatrice car elle est la porte ouverte  à la déshumanisation. La vie devient un objet de consommation.

Pour revenir  à la phrase de Simone Weil, il existe en nous un espace où tout est apaisé, ouvert et vigilant, relâché et présent, sécurisé et changeant. Cet espace n’a ni à être inventé, ni à être forcé. Nous devons peut-être plutôt reconnaître ce qui nous en éloigne. Nous pouvons le faire avec toute la bienveillance que nous pouvons nous appliquer lorsque nous voyons nos défauts, qui sont par définition nos absences de qualités et rien d’autre.

*La vie rêvée du joueur d’échecs De Denis Grozdanovitch, éd. Grasset


Pour me connaître : cliquez ici